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"Enfants du cosmos"
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MessageSujet: "Enfants du cosmos" Sam 2 Avr - 10:56
Nouvelle improvisée #01

Thème : Virée spatiale

Titre : "Enfants du cosmos"

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« C’est étrange. Les hommes ont toujours voulu toucher les étoiles, embrasser l’immensité de l’espace.
Enfin c’est ce qu’on dit.
À peine une année passée sur le Vita Nuova, et tout le monde commençait déjà à miauler.
L’être humain n’est ni viable, ni fiable. Il ne tient pas la distance, il se lasse, il dépérit dès qu’il n’a plus la possibilité de faire absolument TOUT ce qu’il veut.
Il ne sait jamais ce qu’il veut. C’est peut-être une bonne chose, que l’on soit coincés ici.
Après tout, trois milliards d’hommes destinés à mourir, ça ne peut faire que bien à l’ensemble de la race.
On ne touche pas les étoiles avant d’avoir essuyé leur brûlure. Tout se paye.»

Journal de Sebergger Sharon, vice-commandante de bord du Terra Nuova.


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« Ce n’est pas bien compliqué. . .  Il me suffit de faire comme s’ils n’existaient pas, et tout se passera très bien. Je ne devrais plus en avoir pour très longtemps. . .  »

C’était du moins ce que pensait Rebbeca. Elle qui n’avait côtoyé âme qui vive ni eu accès à une horloge depuis soixante-douze heures, savait qu’elle n’avait en réalité plus grande notion de la réalité, justement. Les jours, les heures, et même les secondes se mélangeaient dans sa tête, de la même façon que les cieux semblaient se jouer de sa perception étriquée derrière ce grand toit de verre qu’elle fixait depuis des heures.

Elle s’essaya à promener ses pensées vers des sentiers plus cathartiques, mais son cerveau ne semblait pas vouloir coopérer. Elle se ressassait les plus mauvaises pensées, avis, et prévisions, inlassablement, sans pouvoir se soustraire au difficile exercice de la résignation. Parfois, quelqu’un venait frapper à sa porte, essayait de communiquer avec elle. Parfois violemment, et d’autres fois plus doucement. Cela faisait maintenant plus de quarante-huit heures que tout le monde avait cessé de marteler à la porte pour la faire sortir. D’ailleurs, avant qu’elle ne se pétrisse dans le mutisme insolent qui avait dextrement cousu ses lèvres, Rebbeca avait bien fait comprendre le fond de sa pensée :

« Vous pouvez crier, frapper, vous pouvez même défoncer la porte. Rien de ce que vous allez faire ne me fera parler. Je sortirai d’ici quand je voudrai, et je vous répondrai si je le veux. Mais pour l’instant, je ne veux voir aucun de vous !! Vous me dégoutez, je n’aurais jamais pensé que vous puissiez TOUS être responsable !! Je ne vous pardonnerai jamais. Vous m’entendez, jamais !! Maintenant laissez-moi tranquille !! »

La plupart des personnes avaient compris le message, mais quelques marginaux continuaient d’aller à contre-courant. Ils voulaient à tout prix parler à Rebbeca, la sortir de sa « bouderie ». Certains s’en voulaient d’avoir fait partie de la combine, et d’autre absolument pas. La plupart était juste très mécontente de ne pouvoir utiliser la salle de repos.

Rebbeca était accroupie sur le grand canapé, à écouter en boucle « Where no man has gone before » de Mikolai Stroinski, un de ses auteurs préférés. Il représentait, parmi d’autres choses qu’elle affectionnait, l’héritage d’un monde aujourd’hui réduit à cendres et ombres. Elle serrait son carnet de notes contre elle, hésitant tantôt entre regarder l’espace s’étendre autour d’elle, ou noter tout ce qui lui venait à l’esprit.
« Mais comment m’inspirer de mon environnement quand je n’ai justement que du vide autour ? » ironisa-t-elle.  Étendue à regarder le cosmos se moquer de sa perception de choses, elle savait pertinemment que ce n’était pas vraiment le cas. Tout autour d’elle, il n’y avait que de la vie. Le vaisseau dans lequel elle séjournait actuellement était vivant. Ou du moins fonctionnel ; mais en tout cas, pas inerte. La population à l’intérieur, était vivante, forte d’interactions, de contacts, de relations diverses.
Les animaux à l’intérieur également étaient vivants -certains ne le restaient pas longtemps certes, mais ils l’étaient un moment-. Et même tout autour d’eux, dans ce vide interstellaire, vivaient de grandes étoiles, des planètes. Même ces trous noirs à côté desquels ils passaient occasionnellement, dans lesquels se mourraient sons et lumières, étaient vivants.

Mais Rebbeca avait décidé que tout ce qui n’était pas ELLE, était désormais mort. Parfois même, à l’ombre d’une émulation gauchement maîtrisée, elle se voulait morte également. Cela ne durait fort heureusement pas longtemps, et elle relativisait en se disant que de toutes manières, plus rien n’avait de sacré autour d’elle. La vie, la nourriture, la création, plus rien n’était naturel. Elle-même, commençait à se demander si elle l’était encore. Ses parents, eux, l’étaient. Et pour avoir vécu ce qu’il restait de la terre, il était d’ailleurs remarquable pour eux d’avoir vécu en « Hommes » aussi longtemps. À vrai dire, juste assez, le temps de la concevoir, de la confier à l’état, puis, de retourner à la nuit, éternellement. Se perdant dans ses pensées, Rebbeca sursauta quand elle entendit quelqu’un tambouriner à la porte.

« Bon Beca, ça suffit maintenant ! Putain, ça fait jours !! Eh, t’vas vraiment finir par mourir hein. Ce s’rait dommage, vu que-
— Ne termine pas ta phrase, Malek. Je te jure, ne termine pas ta phrase. Je suis déjà bien énervée, n’en rajoute pas. Qu’est-ce que tu veux ? Je t’ai dit que je ne voulais pas sortir. Passe à autre chose.
— Non mais t’es au courant qu’t’es encore là juste parce qu’on nous a dit d’pas forcer la porte ?
— Ben forcez-là, je resterai là quand même.
— T’vas rester là pendant 6 mois p’t’être ?!! s’indigna Malek.
— S’il le faut. Et peut-être même plus.
— Et si on arrête de t’donner des vivres ? ‘Faudra bien qu’tu manges un jour.
— Ben dans ce cas je vais mourir. Mais. . .  OH ATTENDS, ben non, je suis trop « précieuse ». Ils ne vont pas me laisser mourir. En tout cas pas comme ça, et pas tout de suite.
— Non mais tu vois, c’est vraiment dommage qu’tu penses comme ça. C’est un honneur d’être une Moeder. Tu d’vrais être honorée.
— Ooooh mais je SUIS honorée. Tu ne le vois pas, mais je souris derrière la porte, là.
— Pfff. . .  Tu m’fatigues, Rebbeca. Ben vas-y, reste là si tu veux. Donc c’est quoi, j’te verrai plus JAMAIS ? Tu vas t’laisser canner là-d’dans ? Et moi qu’ai rien à voir dans tout ça, j’en prends plein la tronche alors qu’j’ai rien fait ?
— Malek, laisse-tomber. Va t’occuper de tes affaires, va dessiner, va écrire, fais ce que tu veux. Mais oublie. Tiens, la petite Camille est raide-dingue de toi, va lui proposer de faire un tour. Au moins t’aurais choisi, toi.
— Tu sais, Camille, là tout de suite. Mais O.K., je vais écrire. Je vais écrire à quel point tu es stupide !! cria Malek en s’éloignant de la porte.

Rebbeca prit son carnet, le serra fort contre elle et se mit à pleurer. Jamais personne ne lui avait dit qu’un jour elle aurait une conversation si désagréable avec son ami de toujours. Et pour cause. Personne n’aurait pu possiblement prédire que ces deux acolytes se disputent un jour. Elle qui pensait que faire partie du programme Terra Nuova aurait amélioré sa vie. Elle qui se fanait dans ce monde meurtri et négligé par ses ancêtres, leurs enfants et les enfants de leurs enfants après eux, était heureuse de pouvoir s’élever avec le meilleur de cette ce monde, pour respirer à nouveau. Pour produire ce qu’il y a de mieux. Pour recommencer sans les erreurs passées.

Voilà qu’aujourd’hui ce renouveau croissait autour d’elle, mais il était impossible pour elle d’y voir quelconque aspect naturel. Ce qui avait été arraché à la terre pour but de préservation était mort il y a des années. Le peu de vie contenu dedans avait servi à produire, à reproduire, encore et encore, synthétiquement, toujours plus synthétiquement. En un sens, il y avait du bon à cela. En effet, Rebbeca se disait que si l’on réussissait à sauver la terre, l’Homme serait dorénavant capable d’y vivre sans la stériliser jour après jour. Si l’on pouvait à présent vivre en créant, et ce sans tuer, sans arracher, sans détruire, sans forer, sans déraciner, alors il y avait peut-être un espoir.

Mais cela n’excusait en rien ce qu’on lui avait fait. Rebbeca se redressa sur ses jambes et prit son visage dans ses mains. Elle commençait à avoir sérieusement faim. Mais il restait à peu près deux heures avant de pouvoir apprécier une collation synthétique. En effet, la vie à bord était très réglementée depuis le début de l’aventure. Les humains ne devaient plus tomber dans leur vieux travers, c’était le principe. Alors on ne grignotait plus. On ne mangeait pas quand on n’avait pas faim. Et si l’on avait faim, on habituait son corps à résister tant qu’il n’était pas nécessaire, voire vital de manger. Nombre d’hommes étaient déjà tombés d’inanition en plein ouvrage, en raison de ces nouvelles directives. Mais c’était « pour le mieux », qu’on disait.

« Nous ne retomberons pas dans la concupiscence, dans l’opulence, dans la gloutonnerie. Nous réapprendrons à apprécier, nous réapprendrons à désirer sans avoir. À se battre pour posséder. À posséder sans écraser, sans transgresser. »

Le modelage des vielles habitudes s’était fait difficilement, mais pas pour les raisons que Rebbeca pensait. Elle qui croyait que les Hommes, bêtes de leur intelligence, ne comprendraient pas ces restrictions qui leur étaient imposées, et se soulèveraient condamneraient le Terra Nuova à mourir, aliéné et détruit par leur stupidité gourmande, obsessionnelle et irrationnelle. Mais non, les Hommes s’étaient gardés d’être des Hommes, justement. Le changement fut difficile, car passer de « tout ce que je veux » à « tout ce que la communauté veut », LÀ était la vraie difficulté de la vie lors de cette virée spatiale. Et pour cause.

Rebbeca s’était enfermée dans cette salle précisément parce qu’elle s’était refusée d’adhérer à un des projets. En effet, incluse dans une longue discussion sur les projets de génération future depuis presque des mois maintenant, Rebbeca avait toujours expliqué aux décideurs du Terra Nuova qu’elle ne VOULAIT PAS enfanter, procréer, porter, une once de vie à l’intérieur d’elle, ou du moins pas avant qu’elle ne trépasse. Elle l’avait très bien expliqué :

« Si votre projet est de faire des générations futures exemptes des défauts de leur prédecesseurs, alors nous ne devons PAS enfanter. Nous apprendrons forcément de mauvaises choses à nos enfants. Il nous faut attendre plus. Il nous faut cesser d’être des Hommes, totalement. Il nous faut oublier qui nous sommes et devenir d’autres êtres avant d’avoir la prétention de vouloir en créer d’autre, issus de nous. »

Les premières semaines, elle avait été écoutée, et même félicité par un ensemble de la communauté. Elle avait en effet partiellement raison, avis partagé par la plus grande majorité des décideurs au sein du Terra Nuova. Seulement, le temps passa, et les Hommes du Terra Nuova succombèrent à leur instinct primaire. Ils perdirent quasiment tous les autres ; celui de manger intempestivement, celui de vouloir absolument marquer leur territoire, et même celui de séduire et de faire la cour à son prochain. Mais ils gardèrent le principal, celui de la conservation, celui de la perpétration de leur espèce. Pour certains le plus beau, le plus naturel, pour d’autres, le plus abjecte, le plus égoïste. Les Hommes succombèrent à leur instinct de reproduction.

Les discussions reprirent alors très vite. Les Hommes, à présent infectés par leur entêtement immodéré, sans doute renforcé par le fait de se voir tous les jours, stériles de ce tout ce qu’ils avaient pu être par le passé, voulaient des enfants. Ils prirent donc la décision de sélectionner les passagers les plus sages, les mieux portants et les plus sains d’esprit afin de créer par leurs cellules, DEUX types d’enfants. Un premier serait un clone d’eux, prélevés directement sur leur code génétique, puis placé en couveuse pour une durée de quinze ans, le temps que l’être se développe, nu de toutes les aberrations que l’on pouvait apprendre à un enfant en bas âge, et nourri d’un excellent développement cérébral, qui ne pouvait que profiter à la communauté. Le deuxième enfant serait créé dans des manières plus traditionnelles, avec la seule règle qu’il ne devait pas être le fruit d’une union d’amour, ou de désirs entre deux êtres. En effet, le gène masculin était TOUJOURS sélectionné au hasard, et introduit dans le corps d’une femme, elle aussi sélectionnée au hasard parmi les élues. Cette manière de procéder leur permettrait de décider laquelle des deux méthodes leur serait plus bénéfique, et la moins gourmande en ressources et en énergie.

« Qu’y-a-t-il encore de naturel dans ce vaisseau ? » se plaignit Rebbeca en serrant ses bras autour d’elle, recroquevillée sur le sol de la chambre.

Rebbeca avait eu le droit aux deux expérimentations. Son corps avait été profané après avoir été plongé dans un sommeil artificiel de dix jours. Elle s’était réveillée en salle d’opération, avec une dizaine de médecins autour d’elle, applaudissant à tout rompre. Encore aujourd’hui, elle se souvenait de s’être levée aussi vite qu’elle put, s’était débranchée de partout, et s’était jetée sur un des médecins en le plaquant au sol et essaya de s’enfuir, meurtrie par la honte et dégoutée de découvrir ce qui avait dû se passer. Elle ne put bien évidemment pas faire plus de deux pas dans le couloir et s’effrondra de tout son long, trahie par des jambes qui n’avaient à priori pas fini de se réveiller. S’en suivirent deux jours d’explications, de justifications, ou Rebbeca s’était enfermée dans un mutisme intégral, souillée par le désir primaire de ces Hommes qui ne crurent pas bon de respecter ses envies personnelles.

Dès qu’elle put sortir de la salle de repos, elle retourna à ses appartements quelque jours, accablée et incapable de parler, même avec le soutien de ses proches. Mais lorsqu’elle apprit qu’ils étaient tous au courant et qu’ils avaient encouragé l’opération parce qu’ils étaient persuadés qu’elle : « était la bonne », Rebbeca ne put se résoudre à continuer la cohabitation. Elle prit quelques affaires à elle et partit s’enfermer dans la plus grande salle de repos de son département. Ce qui l’amena à aujourd’hui. Elle était devenue une Moeder, mère de deux enfants, contre son gré. Elle savait qu’elle n’était certainement pas la seule dans ce cas. D’autres femmes avaient dû être inséminées et clonées comme elle l’avait été. Mais peu lui importait. Elle se moquait complètement de ce qui pouvait arriver aux autres. Elle n’était au final pas contre le fait d’avoir des enfants, mais elle savait qu’elle voulait attendre beaucoup plus de temps pour cela. Après tout, dix-huit ans pour être mère, peu importe les cultures et les coutumes -du moins celles qu’elle connaissait et approuvait-, c’était un peu jeune. De plus, elle voulait des rêves d’amour, d’euphorie, elle voulait se perdre dans ces pensées stupides de jeune adolescente, celles de se faire plaquer contre le mur par un homme fort et ténébreux, celles de se faire complimenter des heures et des heures par un homme au cœur tendre, celles de se faire agripper les seins, les hanches, les fesses et le ventre par un monstre de vigueur et de passion, celles de s’allonger à côté de son promis pendant qu’il déposait de tendres baisers sur son estomac, gonflé du fruit de leur amour. Mais, elle savait que la chose serait impossible dans ce vaisseau, et certainement longtemps après qu’ils aient réinvesti la terre, si tant était qu’ils la réinvestiraient un jour. Elle avait donc laissé ce désir mourir entre ses reins, et faner dans son cœur.

Mais, rattrapée par les Hommes autour d’elles, comme depuis qu’elle était jeune, dépendante et victime des actions des « autres », Rebbeca portait aujourd’hui la résultante de quelque chose qu’elle détestait du plus profonde de son être. Rebbeca avait en elle la résultante du désir de contrôle des hommes. Quelque chose qu’elle ne nommerait jamais, qu’elle n’accepterait jamais. Quelque chose sans nom, sans nationalité. Quelque chose qui, pour tout un tas de raison, la détruisait de l’intérieur, petit à petit. Alors qu’elle sombrait dans les brumes de sa focalisation mnésique quelque peu morbide, Rebbeca sursauta.

« Rebbeca ? . . .
— . . . C’est qui ? Qui est là ?
— C’est. . . Euh. . . Je ne crois pas qu’on se connaisse. C’est. . . Le principe, après tout.
— Je ne comprends ce que vous dites. Laissez-moi tranquille !
— Non, attendez. . . Écoutez, moi aussi ils m’ont. . . Pris quelque chose que je ne voulais pas donner.
— C’est. . . C’est une blague ? Vous êtes le p-
— Non, ne le dites pas. S’il vous plait, ne le dites pas. . . Ce n’est pas comme ça que je voulais l’être, alors. . . J’aime à penser que je ne le suis pas. C’est pour le Terra Nuova, c’est pour la terre, mais c’est tout.
— Je. . . Je ne pensais pas un jour tomber sur vous. Comment avez-vous fait pour me r-
— Et bien. . . Disons que vous avez fait pas mal parler de vous. . . Mais même sans ça, je. . . Je voulais savoir qui portait. On m’a dit que je ne devrais pas le savoir, que ce n’était plus de mon ressort, mais. . . J’estime qu’un Homme est un Homme, et que j’avais au moins le droit, et la possibilité de savoir qui c’était. Qui ELLE était. Vous savez. . . Je n’ai jamais eu de chances avec les femmes, et je ne suis pas très beau, je manque de répartie, et je n’ai pas grand-chose à raconter. Mais. . . Comme tout le monde moi aussi j’ai droit d’être apprécié, non ? Au moins pour ce que je suis capable de faire, vous ne croyez pas ?
— Mais vous n’avez rien fait.
— Mais justement, Rebbeca. Je n’ai rien fait. . . Mais malgré tout, ils ont déterminé que j’étais assez sain pour faire partie du programme. Au début j’étais très fier, de me dire qu’une partie de mon sang allait bientôt exister. Mais. . . Je me suis aussi dit que je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Vous vous imaginez ? Mon enfant va naître, et je ne saurai pas de quelle femme au gros ventre il sera sorti, jamais. . . C’est . . . Pire que rater ma vie amoureuse. Même si je vous avoue que. . . À ce niveau-là, je me suis résigné il y a un petit moment. . . Enfin . . . Je voulais juste vous dire que. . . Cet enfant, ou CES enfants, même s’ils ne sont pas désirés, ont mérité de vivre et d’avoir leur chance. Et. . . Je voulais juste vous demander de-
— Je ne vais pas me tuer. Je ne suis pas assez courageuse pour ça. Et puis. . . Chaque vie est sacrée. Même la plus artificielle et la plus synthétique des vies l’est. Et ces enfants du. . . Néant ne dérogent pas à la règle.
— Aie. . . Enfants du néant ?. . . Que pensez-vous plutôt de. . . « Enfants du cosmos » ? Ça fait moins triste.
— . . . Ça me va, répondit Rebbeca en souriant.
— Je. . . Je vous verrai peut-être à l’occ. . .
— Attendez », dit Rebbeca en se rapprochant de la porte.

Ouvrant délicatement la porte, Rebbeca sortit sa tête à chevelure dorée et inspecta les lieux avant de sortir de l’embrasure. Elle regarda l’homme en face d’elle, ce dernier la surplombant d’une tête au moins, et lui souriant en retour.

« Bonjour Rebbeca. . . Moi, c’est. . . Kenneth.
« Enchantée, Kenneth. Ravie de te recontrer », dit Rebbeca en souriant timidement.
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MessageSujet: Re: "Enfants du cosmos" Sam 2 Avr - 11:42
Nice ! :) J'aime beaucoup ton style, et forcément j'ai retrouvé une thématique engagée ahah. Un petit peu de féminisme, d'humaniste, d'anti-IVG. Ça créé une réaction chez le lecteur, c'est cool. Vocabulaire soutenu intéressant, tu m'as même appris le mot "dextrement", qui est même pas reconnu par les correcteurs orthographiques ! Très bon texte.
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MessageSujet: Re: "Enfants du cosmos" Sam 2 Avr - 19:46
J'adore complètement le sujet et le point de vue ! On ressent bien les émotions transmises *_*
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MessageSujet: Re: "Enfants du cosmos"
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"Enfants du cosmos"
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