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" L'avertissement "
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MessageSujet: " L'avertissement " Lun 25 Avr - 15:28
Marie pesta en silence contre Joan, sa fille aînée. Elle était censée mettre la table mais au lieu de ça restait scotchée devant la télévision à regarder des émissions dénuées d'intérêt.
« Vous venez manger les filles ? » demanda Marie dans un soupir, éreintée par sa journée de travail.
Joan resta les bras croisés devant l'écran et sans même un regard pour sa mère répondit:
« Plus tard, là j'ai pas faim ».

Pour ne pas déclencher une énième guerre familiale, Marie laissa à son ado de quatorze ans une assiette et mangea en silence avec Lucille, son autre fille. Elle regarda autour d'elle et les souvenirs revinrent douloureusement. Il n'y a pas si longtemps, les repas se faisaient à quatre, autour de cette même table. Ils discutaient de leur journée, évoquaient leur programme du lendemain ou regardaient simplement les informations... Mais depuis maintenant six mois, il ne restait que des miettes de cette famille. Marc avait décidé de prendre un nouveau départ et de quitter sa femme et ses filles pour faire le tour du monde. "N'importe quoi" avait pensé Marie quand il lui en avait fait part. Ils en avaient beaucoup parlé mais peu importe les paroles de sa femme, son choix était fait. Un matin, il prit donc ses affaires et parti, laissant à Marie la responsabilité de s'occuper seule de leurs deux filles. Malheureusement, elle n'était pas prête et se sentait maintenant prisonnière de cette situation, épuisée de naviguer entre son travail d'assistante de vie et l'éducation de Joan et Lucille. Avec la petite dernière tout allait bien, mais sa relation avec Joan se dégradait tous les jours, et avait atteint le point de non retour le jour où sa fille lui avait balancé au visage: « Si tu étais pas aussi conne et laide papa serait pas partie ! ». La méchanceté de ces paroles avait réveillé un instinct primitif en Marie: la rage. Ne contrôlant plus rien, elle lui mit une énorme claque avant de lui crier  dessus en l'insultant de petite connasse perverse. Joan la regarda comme si elle était une étrangère, monta dans sa chambre et n'en ressortie pas avant le lendemain. Cela ne s'était jamais reproduit et ne se reproduirait jamais, mais depuis Marie ne se reconnaissait plus. Elle prit donc la décision de consulter une psychologue conseillée par une collègue, surtout pour l'aider à contrôler cette frustration et cette colère qui faisaient d'elle un monstre aux yeux de sa fille.
Le repas ne dura pas plus de dix minutes. Comme tous les soirs, Marie débarrassa la table, coucha Lucille et souhaita bonne nuit à Joan, qui s'empressa d'aller prendre l'assiette.

***

Au même moment, une voiture démarra et quitta la rue sans que personne n'y prête attention, le son du moteur se noyant dans les bruits de la ville. L'obscurité était tombée vers 18h30 et, sans se soucier des voisins, la personne au volant avait observé pendant quelques heures Marie et ses filles. En partant, sa décision était prise : cette mère indigne sera sa prochaine victime.
***

Une semaine passa sans le moindre changement dans le quotidien de Marie: elle se levait à 5h30 pour partir à 6h30 et laissait Joan se lever seule et s'occuper de sa petite sœur. L'école étant sur la route du collège, c'est d'ailleurs elle qui l'amenait et qui, quand elle n'avait pas cours, allait la chercher. Marie, elle, rentrait vers 15h et profitait de ces moments de tranquillité pour s'occuper d'elle et de la maison.
Ce jour-là, elle arriva à 16h30, après avoir fait les courses. Elle prit le courrier sans vraiment regarder, posa les sacs dans la cuisine et s'assit. Du coin de l'œil, elle repéra les publicités balancées quelques minutes plutôt avec nonchalance, et décida que ça l'occuperait le temps de reposer ses jambes et son dos. Après avoir feuilleté le catalogue d'une grande surface aux promesses alléchantes, elle tomba sur un bout de papier qui ne ressemblait pas à une publicité et sur lequel était écrit:
« L'indolence des sentiments deviendra pourpre en cas d'échec »
Perplexe, Marie relut plusieurs fois pour en comprendre le sens, en vain. Cela sonnait comme une menace mais elle ne comprenait pas pourquoi quelqu'un lui voudrait du mal. Peut-être était-ce une erreur ? Un poisson d'avril en retard de deux jours ? Elle décida de garder ça pour elle, mais resterait tout de même sur ses gardes. Quand ses filles rentrèrent, elle leur demanda donc simplement si la journée s'était bien passée.
« Comme si ça t'intéressais vraiment. Bon je monte » avait répondu Joan, sans même un regard pour sa mère. Celle-ci ne releva pas l'insolence de sa fille, habituée à n'être plus qu'un fantôme à ses yeux.

***

Marie était maintenant prévenue. Si elle n'agissait pas en « bonne mère » avec ses filles, son sang allait couler: c'était ça, la signification du message. Sa première victime avait également eu une chance de se rattraper, mais avait échoué et pourrissait maintenant depuis quelques jours.
Les pensées du tueur se dirigèrent de nouveau vers les filles de Marie. La mort de leur mère serait inconcevable au début, mais au moins elles trouveraient du réconfort et de l'amour auprès de leur entourage, choses auxquelles elles n'avaient pas droit pour le moment. Leur père allait sûrement revenir, et lui aussi serait puni pour son départ. Aucun parents ne devrait se séparer de son enfant, pas avant que celui-ci ne soit prêt. Joan et Lucille ne l'étaient pas.

***

Au matin du 5 avril, les policiers furent alertés par les habitants d'un immeuble d'une odeur désagréable chez un certain monsieur Gatry. Avant même d'ouvrir la porte, les deux policiers de services surent à quoi ils avaient à faire: l'odeur de la mort ne trompait pas. En entrant, ils ne furent donc pas surpris mais eurent malgré tout un haut-le-cœur en voyant le corps. Cet homme d'une cinquantaine d'années selon ses voisins n'avait plus vraiment une apparence humaine. Ses entrailles qui pendaient horriblement sur la gauche et ce qu'il restait de son visage avaient visiblement été mangés par le chat qui dormait tranquillement sur le canapé. Les mouches avaient déjà déposées leurs larves dans la cavité béantes qu'il y avait à la place des orbites.  Sa tête semblait être séparée de son corps, mais en s'approchant, le plus jeune policier vit que c'est une énorme plaie au niveau de la gorge qui donnait cette impression. C'était d'ailleurs probablement la cause de la mort de cet homme, aussi les policiers appelèrent leurs collègues, bouclèrent le périmètre et firent rentrer les voisins curieux chez eux. Le médecin légiste, arrivé rapidement sur place, estima la mort de l'homme à neuf jours.
Mathieu Tiesers, chargé d'enquête, arriva sur les lieux du crime quelques minutes après le médecin légiste. Il alla directement demander aux voisins s'ils avaient été témoin de quelque chose, mais comme souvent dans ce genre d'affaire, personne n'avait rien vu. La voisine du dessus lui apprit tout de même que monsieur Gatry était étrange depuis quelques temps. Elle l'avait surpris devant les boîtes au lettre avec une feuille à la main, l'air terriblement inquiet.
En revenant dans l'appartement, Tiesers avait donc un objectif: mettre la main sur ce papier. C'était peut-être un indice important et il était hors de question qu'il passe à côté. Cela ne lui prit que quelques minutes, le papier ayant été mis dans le tiroir du buffet. Ce qui était écrit dessus laissa Tiesers perplexe:
« Une vie contre trois si l'impotence n'évolue pas ».

***

Le jour même, l'information passa sur les chaînes nationales: un meurtre dans une ville de 3 000 habitants, ce n'était pas courant, surtout quand la victime était un homme a priori sans histoires... L'enquête s'annonçait difficile et les médias soulignèrent abondamment ce point : un meurtrier vaquait librement dans la ville.

Marie était en train d'étendre le linge quand la chaîne d'information continue évoqua le meurtre. Elle s'arrêta, augmenta le son de la télé et écouta, le cœur battant. Heureusement, tous les éléments n'étaient pas donnés, aussi elle ne sut pas la scène macabre que les policiers avaient découverte ni la présence du mot sur le lieu du crime. Cependant, la mort de cet homme lambda lui fit tout de même peur. Depuis qu'elle avait reçu cette étrange métaphore elle avait tendance à imaginer toutes sortes de scénarios et le meurtre augmenta la paranoïa qui s'immisçait doucement en elle. Afin d'exorciser toutes ses pensées négatives, elle appela sa psychologue et décala le rendez-vous, prévu à l'origine dans une semaine et demie. Il fut placé le jeudi.
Pendant les trois jours d'attentes, aucun élément ne vint s'ajouter à l'enquête. D'après les médias, aucune trace ADN n'avait été trouvée et le mobile restait incertain: la victime était un homme divorcé, père de trois enfants, travaillant comme gérant d'une boutique de maroquinerie. Aucun lien avec la drogue, la prostitution ou quelque chose qui lui aurait valu quelques ennemis. Mathieu Tiesers n'avait pour le moment aucune piste. Etait-ce un meurtre isolé ou l'œuvre d'un futur tueur en série ?

***

- Bonjour, madame Moissé, dit Eva Lyn en serrant la main de Marie. Installez-vous je vous en prie.
- Bonjour, répondit-elle doucement en prenant place devant le bureau. Je... J'avais juste besoin de parler un peu, d'évacuer.
- Vous aviez l'air terriblement inquiète au téléphone, souligna la psychologue.
Celle-ci prenait déjà des notes. Marie s'était toujours demandée de ce qu'elle pouvait écrire, alors qu'elles commençaient tout juste à parler.
- Ce n'est sans doute rien... Vous avez entendu parler du meurtre de cet homme, en début de semaine ?
- Oui, bien sûr, comme nous tous ici.
- Et bien, commença-t-elle doucement, cette mort me fait peur, je crois.
- Est-ce le caractère mortel de l'être humain qui vous effraye ?
- Non, pas vraiment, répondit Marie après avoir réfléchi quelques secondes.
Elle n'osait pas parler du mot. Elle se sentit stupide et décida de changer de sujet.
- Je ne sais pas vraiment. Cela fait remonter des sentiments qui me font énormément culpabiliser...
- Alors parlons-en. Je vous écoute, Marie.
Cette dernière appréciait quand Eva Lyn l'appelait par son prénom.
- Et bien, toujours pareil. Je me sens débordée. Je n'ai pas de nouvelles de Marc, je ne sais toujours pas si je dois me considérer comme célibataire ou non. C'est difficile à gérer, émotionnellement parlant.
- Il est nécessaire pour vous de faire le point sur vos sentiments, auprès de Marc comme de vos filles.
La psychologue feuilleta son carnet pour voir les notes des séances précédentes et reprit:
- La dernière fois, nous évoquions ensemble votre difficulté à ressouder le lien mère/fille. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

Marie passa donc la dernière demi-heure à évoquer son amour maternel paralysé par le départ de l’homme de sa vie.
En rentrant chez elle, elle se sentit soulagée d'un poids et prépara le repas l'esprit léger.

***

Contrairement à la victime précédente, son meurtre fut très vite signalé à la police. Ce matin-là, Joan descendit tranquillement l'escalier pour prendre son petit-déjeuner. C'est donc encore endormie qu'elle se dirigea vers la cuisine mais, avant même de voir le corps, l'adolescente comprit que quelque chose d'atroce s'était passé: des éclaboussures de sang recouvraient le sol et le blanc du mur était maintenant teinté de rouge. Terrifiée et maintenant bien réveillée, elle fit un pas dans la cuisine et se liquéfia en voyant sa mère gésir dans son sang. Son visage semblait déformé, notamment à cause de la langue gonflée qui sortait de sa bouche pleine de sang. Ses yeux étaient anormalement bouffis et un trou semblait avoir remplacé sa gorge. En voyant cela, Joan espéra faire un horrible cauchemar, mais quand elle réalisa que sa mère était réellement morte assassinée, elle ne put s'empêcher de vomir. A peine eu-t-elle finit que Lucille se réveilla et commença a descendre les marches. Consciente que sa petite soeur ne devait en aucun cas mettre les pieds ici, au risque d'être traumatisée à vie, Joan monta à sa rencontre, lui dit de remonter dans sa chambre et de fermer sa porte. Elle n’irait pas à l'école aujourd'hui. Sans poser de question, la petite dernière se recoucha et se rendormit très vite. Joan redescendit, évita la cuisine et prit le téléphone du salon pour appeler une ambulance et la police.

***
- Tiesers, venez par ici.
Le lieutenant Modan avait l'air grave.
- Un meurtre vient de nous être signalé. Même mode opératoire que pour Gatry: dans l'habitat de la victime, mort par égorgement.
- Merde... De qui il s'agit ? Demanda-t-il en reprenant ses esprits.
- Marie Moissé, une assistante de vie sans histoires. C'est sa fille aînée qui a trouvé son corps ce matin.                                                                  
Mathieu pensa à cette pauvre fille qui allait devoir vivre avec cette image toute sa vie. Même lui ne s'était pas habitué aux cadavres, et pourtant il en avait vu au cours de sa carrière.
- Et le mot ? Il y en a un ?
- Sans doute... Tu vas aller voir ça avec ta coéquipière.
Le lieutenant regarda autour de lui.
- Estelle ?
Celle-ci se retourna, un café à la main. Elle venait juste de prendre son service et tout le monde ne parlait déjà que du meurtre.
- Oui chef ?
- Tu vas aller sur la scène de crime avec Mathieu.
- Ok, dit-elle sans poser de question.

Une équipe était déjà sur place. Mathieu et Estelle montrèrent leurs insignes et rentrèrent dans la maison. Vu de l'extérieur, tout semblait calme. En entrant, cette sérénité prenait fin directement puisqu'à droite de l'entrée se trouvait la cuisine. Le corps avait été recouvert mais le sang était encore là, et Mathieu sentit l'odeur du vomi. Cela lui fit tourner la tête quelques secondes et il quitta la pièce pour se reconcentrer sur l'affaire et, surtout, sur son objectif principal: trouver ce foutu bout de papier. Estelle était déjà en train de parler aux filles dans le salon, aussi il décida de fouiller les pièces unes par unes. Il retourna dans la cuisine, ouvrit les tiroirs et ne trouva rien. Après avoir également fouillé le salon sans succès, en expliquant aux deux jeunes filles qu'il cherchait des indices, il se rendit discrètement dans la chambre de la victime. Il trouva le mot dans sa table de chevet et ne put réprimer un frisson. Ce n'était pas de son domaine, mais il imaginait combien le tueur devait être tordu pour envoyer un mot à ses futures victimes. Cela n'augurait rien de bon.

***

Au bout de deux jours d'enquête, ils trouvèrent un autre point commun. Tous deux était des patients de cette Madame Lynn. Mathieu et Estelle se rendirent donc dans son bureau, et la psychologue les fit patienter quelques minutes pour qu'elle finisse sans encombre son rendez-vous.
- Bonjour, Madame Lynn, dit Mathieu quand elle leur ouvrit enfin la porte de son bureau.
- Bonjour. Asseyez-vous je vous en prie.
- ça ne sera pas nécessaire, répondit Estelle. Nous avons simplement quelques questions à vous poser.
- A quel sujet ?
- Vous avez sûrement entendu parler des deux meurtres. Deux parents divorcés, deux patients à vous.
Le visage de la psychologue devint sombre.
- Oui, bien sûr, j'ai été profondément choquée en l'apprenant.
- Vous avaient-ils parlé de quelque chose d'anormal ? Voyez-vous pourquoi quelqu'un souhaiterait leur mort ?
Elle réfléchit quelques secondes avant de répondre :
- Comme vous le savez, nos séances sont confidentielles. Mais je peux vous garantir qu'ils ne semblaient pas avoir d'ennemis. Tous deux venaient pour des problèmes mh... Disons du quotidien.
- D'accord.
Estelle lui tendit une carte.
- Si vous pensez à autre chose, n'hésitez pas.
La psychologue prit la carte et sans réfléchir proposa:
- Peut-être puis-je vous aider à dresser un profil psychologique du tueur ?
- Nous avons déjà une équipe qui s'en occupe, merci, dit Estelle.
- Je veux bien entendre ce que vous avez à nous dire, contra Mathieu.
- Et bien là, comme ça, je n'ai pas beaucoup d'éléments... Mais je pense que le tueur cherche à faire passer un message.
- Quel genre de message ?  Continua Mathieu, intéressé.
- Et bien... Ces meurtres ont l'air organisés, méticuleux... Avec une mise en garde... Enfin, comme je vous l'ai dit, je n'ai pas assez d'éléments. Je vous recontacte si je pense à quelque chose, dit-elle en ouvrant la porte de son cabinet.

Sur le chemin du retour, Estelle fit part à son coéquipier de ses impressions négatives sur la psychologue, notamment car celle-ci semblait mal à l'aise quand ils avaient quitté son bureau. Mathieu étant lui aussi perplexe suite à cette discussion, ils décidèrent de se renseigner plus profondément sur cette Eva Lynn.

***

Le lendemain à l'aube, les deux coéquipiers se partagèrent les tâches: Estelle se chargerait de l'aspect judicidiaire pendant que Mathieu glanerait des informations sur internet.

Sans attendre, le policier tapa le nom de la suspecte sur Google et son portrait se dessina au fil des pages. Le premier lien était celui d'un site de référencement des meilleurs psychologues de la région, avec comme spécialisation l'aide parentale. Il comprit pourquoi elle avait choisi cette branche-là de la psychologie dans une interview qu'il trouva sur Youtube. Elle évoquait en effet son enfance malmenée par des foyers d'accueils, et sa survie grâce à la lecture de recueils de poésie. Elle reprochait à ses parents leur abandon et expliquait vouloir maintenant guider ceux qui venaient vers elle et qui étaient déstabilisés dans la relation parent-enfant.
Sans tirer de conclusion trop hâtive, Mathieu estima tout de même que les pièces du puzzle s'emboîtaient trop parfaitement pour n'être qu'une suite de coïncidences. Tout concordait. Le mobile, le lien entre les meurtres et le choix des métaphores. Il prit des notes et alla voir Estelle pour savoir ce qu'elle avait trouvé.
- Alors, elle a un casier judiciaire vierge. Par contre une plainte a été posée contre elle en 2003.
- Pour quel motif? Demanda Mathieu, intrigué. Il n'avait pas encore fait part du résultat de ses recherches à sa coéquipière.
- Et bien, a priori, elle n'a pas tenu son secret professionnel et a signalé un cas de maltraitance. Le père a porté plainte mais les charges ont été abandonnées.
- L'enfant était réellement maltraité ?
Estelle ouvrit le dossier de l'enquête et prit quelques minutes pour le lire.
- A priori, non. Bon, le père ne s'en occupait pas bien, il buvait et n'était pas souvent là, et la mère était partie. Mais l'enfant ne présentait aucun signe de maltraitance, ni physique ni psychologique.
- Exactement le même cas de figure que nos meurtres...
Mathieu expliqua à Estelle tout ce qu'il venait de trouver sur Internet, et ils prévinrent leur chef qu'ils allaient arrêter Eva Lynn et la placer en garde à vue. Il était encore tôt et le cabinet de la psychologue était encore fermé, aussi ils décidèrent d'aller directement chez elle.

***

Quand ils arrivèrent devant sa porte, ils virent qu'elle n'était pas complètement fermée. Un oubli semblant peu probable au vu des circonstances, ils sortirent leur arme et entrèrent doucement. Tout semblait calme: le soleil commençait à se lever et  se dégageait dans le salon une ambiance de plénitude. Ce calme apparent prit fin quand ils découvrirent dans la chambre le corps décapité de la psychologue.    Mathieu sentait quelque chose de malsain dans cette pièce, peut-être à cause de la position inhumaine du cadavre. En s'approchant, il vit que les deux tibias sortaient et imagina combien elle avait du souffrir si elle était encore en vie à ce moment-là. Sa tête était posée nonchalamment sur une chaise et en regardant de plus près, Estelle repéra le morceau de papier dans sa bouche. Elle mit des gants, sortit le bout de papier déchiré grossièrement cette fois-ci et lu à voix haute:
" Protection malveillante, énigmes diaboliques et jugements macabres mènent à l'acier autant qu'au sang."

Ce n'était pas fini.
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MessageSujet: Re: " L'avertissement " Lun 25 Avr - 19:28
Hmmm hmmm...

Alors.

L'intrigue m'a pas mal plu, et j'ai bien aimé le côté psycho fucked-up thriller. Tes mots sont assez secs et crus, mais ça donne de l'os à la chair de ton texte, c'est plaisant. Peut-être une inspiration hannibalesque ?
En tout cas, l’œuvre transpire le militantisme pro éducation et anti-maltraitance, et baigne dans une atmosphère philanthropique assez transparente. C'est agréable à la lecture, autant que ça aide à la compréhension de la nouvelle en règle générale.

Par contre.

Je dois dire que je me suis retrouvé un peu perdu quant aux changements -un peu trop- fréquents de protagonistes. En fait on est tenté de s'attacher aux personnages, notamment Lucile et Joan, mais au final, il y a texto zéro raisons de s'attacher à elles. De la même façon, on est tenté de se rapprocher de la mère dont on a envie de savoir un peu plus, mais c'est le Serial killer et le (les) détectives catapulté(s) dans l'opus qui retient(nnent) notre attention au final. J'ai trouvé ça un peu dommage, surtout que les scènes s'entrecoupent assez brutalement.

Ah, et... Juste paske j'suis un peu relou :

"elle fit un pas dans la cuisine et se liquéfia en voyant sa mère giser dans son sang" C'est "gésir". Si je ne m'abuse.
Mais ce verbe est traître, donc... Sin removed. <3

Bon ben sinon, chouette composition, chouette intrigue ! Il y aura une suite ? =)
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MessageSujet: Re: " L'avertissement " Lun 25 Avr - 19:35
*un message a été publié pendant que vous rédigiez le vôtre*

DAMNIT ZEKE !

*lit son message*

Mh, juste un mot sur le changement de protagoniste, perso ça ne m'a pas trop dérangé. Si ça avait été sur plusieurs pages ça m'aurait ptète davantage gêné, mais j'ai trouvé que ça passait bien. Une histoire de goût j'imagine ! C'est le tueur qui interrompt la relation personnage/lecteur, comme il interrompt la relation filles/mère (bon c'est ptète de la masturbation cérébrale mais j'aime bien le principe xD). Si l'histoire se focalise sur les policiers et le tueur je pense que les familles c'est pas si important, c'est plus un outil pour "justifier" les meurtres. A mon avis, donc.

Mon message à la base : Eh bah, c'était cool :3. On voit que tu lis pas mal de policiers et que t'aimes pas du tout les meurtres gorasses haha. J'ai trouvé le changement de point de vue intéressant, victime/meurtrier/police, on a accès à toutes les informations, encore qu'on doive faire confiance à la narration, les gens peuvent toujours mentir :P.
Après ça reste un texte court, donc a pas la fin de l'enquête, mais j'imagine qu'en roman tu laisses vivre la psy plus longtemps pour avoir un suspect, et après il la tue une fois qu'elle est innocentée ou autre, et ils volent ses fichiers ou etc. (enfin ça c'est mon interprétation après)
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MessageSujet: Re: " L'avertissement " Mar 26 Avr - 7:55
(GRRR j'avais quasi fini de répondre et ça a buggé... Pourquuuoooiiiiiii)

Du coup, je reprends: merci pour vos retours !! :D

Arlekwinz: Merci ! :)). Pour l'inspiration c'est un mélange de tous les policiers & horreurs que j'ai lu, entre autre Franck Thilliez et Stephen King, je dévore littéralement leurs bouquins à chaque fois (bon y a toujours des exceptions, mais en gros). J'adore les thrillers mais en termes d'écriture je m'y essaye juste, donc les changements de points de vue peuvent effectivement êtres brutaux ^^' (à la base je voulais mettre les paragraphes du tueur en italique mais j'ai complètement zappé, après je ne sais pas si ça aurait facilité la lecture/compréhension ?).
Pour la mort de Marie c'est un choix d'être aussi brutale: BAM elle meurt, du jour au lendemain, et merde on peux rien y faire à part trouver le coupable. Son rôle dans l'histoire se résume à sa mort, en fait. Je développe un peu sa relation avec ses filles pour le pourquoi des meurtres, mais en soi c'est juste une pièce du puzzle. Après Nico a vu juste, notre relation avec Marie et ses filles s'arrête quand Marie meurt, puisque l'histoire se concentre ensuite sur l'enquête, le centre de l'histoire.
Ohlala pour la faute ça fait des années que je la fais alors il est temps que ça change xD merci !
Et nop pas de suite, je t'avoue que je suis pas fanfan de ma nouvelle, donc si je devais faire du policier j'irais dans un truc bien plus tordu/gorasse, et bien plus long ouip !

Black: merci :)) Oui of course j'aurai installé des fausses pistes pour troubler l'enquête hihi, là tout va très vite quoi ! C'est dur de faire une enquête de A à Z en quelques pages, sans que ça ne paraisse trop brutus, et je maîtrise pas assez le style pour en faire quelque chose de propre... J'aurai essayé ^^
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MessageSujet: Re: " L'avertissement " Mar 26 Avr - 12:08
Ah nan mais clairement, un policier en 5 pages c'est très dur. C'est pour ça que je me suis jamais lancé dans le genre encore, il faut créer un labyrinthe de preuves, explications, suspects, c'est vachement de travail comparé à du fantastique par exemple, à mon humble avis. Mais pour moi t'as réussi à créer une intrigue cohérente, et c'est le principal :P.
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MessageSujet: Re: " L'avertissement "
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