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Random Text: Hope
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Messages : 78
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MessageSujet: Random Text: Hope Ven 20 Mai - 23:36


Bon, je suis de super humeur ce soir alors je vous offre un texte emplit de joie ! De rien. Je suis tombé sur cette image par hasard et ça m'a donné une idée en parallèle. J'ai essayé de la développer du mieux que j'ai pu, mais gardez en tête que ça a été écrit en 15 minutes, à la limite de l'écriture automatique donc soyez indulgents :P.

Musique d'accompagnement.



























Hope


Sarah avait perdu ses parents très tôt. Trop tôt pour même s'en souvenir. Le genre de trauma dont vous ne vous rappelez pas, mais vous savez qu'il existe. Le fait de savoir est souvent suffisant pour affecter une vie entière. Ses parents n'étaient pas riches. Ses parents n'avaient pas prévu de mourir aussi tôt. Alors, Sarah avait fini par vivre dans la rue, au fil des années. Elle trouvait de quoi manger et de quoi s'habiller dans les poubelles de son quartier. C'est dingue tout ce que jettent les gens. Il ne faut pas se précipiter sur n'importe quoi, cependant. Ne pas toucher aux fruits de mer, aux viandes suspectes et aux laitages possédant une odeur âcre. On peut manger beaucoup de choses se trouvant dans une poubelle, ceci dit. Un simple coup de couteau pouvait rendre un fruit 100% comestible. Son couteau avait dû lui sauver la vie plus d'une fois, à lui offrir de la nourriture comme ça. Pourtant, tout semblait difficile. Comment faire si vous trouviez du riz ou des pâtes ? Il faut également trouver un plat, de l'eau, du feu. C'est parfois plus dur qu'il n'y paraît. Sarah n'a ni maison, ni couverts, ni eau courante. Si quelqu'un s'était donné la peine de l'éduquer un petit peu, Sarah aurait pu s'auto-proclamer cynique, élève de Diogène de Sinope. Au lieu de cela, elle n'était qu'une SDF comme les autres. Avoir douze ans n'apportait aucune valeur, aucun apitoiement, juste quelques difficultés supplémentaires.

Il y avait cependant une chose qui ne manquait pas à Sarah : les bougies. C'était comme un don pour elle, elle finissait toujours par en trouver dans les poubelles. Cassées ou pas, elle les recueillait dans son manteau. Il était facile de les réparer, un petit coup de briquet et une mèche faite de tout et de rien. Elle s’asseyait par terre, à fixer la flamme, pendant des heures. Les passants la regardaient de travers, lui jetant une pièce ici et là.
Ce n'était pas normal. Ce n'était pas normal d'allumer des bougies en plein jour. Ni en pleine nuit d'ailleurs, puisque les lampadaires de la ville l'éclairaient de vingt heures à huit heures. La facture d'électricité devait coûter des millions chaque année. Suite aux agressions répétées dans la ville, la mairesse avait décidé d'éclairer tous les quartiers quelle que soit l'heure. Les agressions avaient légèrement baissées en nombre. Ce qui n'était pas le cas des plaintes pour gêne visuelle de la part des habitants. Il était manifestement plus facile de fermer les yeux sur les viols que d'installer des volets plus hermétiques. C'était comme ça à Basin City. Non. C'était comme ça partout.

Sarah promenait ses bougies partout, quitte à enduire ses mains de cire. Ce n'était pas une lueur d'espoir. C'était juste des bougies. Elle avait beau se faire moquer par les autres, se faire tabasser pendant des heures par d'autres SDF lui demandant pourquoi elle tenait tant à ses bougies, elle les tenait toujours fermement dans ses poings, jusqu'à se brûler le bout des doigts. Les agresseurs finissaient par se lasser, plus vite que leur victime. Sarah récoltait la cire tombée au sol, la reformait en une espèce de tour branlante, et continuait son chemin.
Elle avait fabriqué un petit cercle de bougies le jour où Parcae avait frappé. C'était le nom qu'on avait fini par donner à la tempête magnétique qui avait frappé, supposément, le monde entier. Certains fanatiques parlaient de vengeance de la Terre. Comme une revanche, pour toutes les saloperies que les Hommes avaient pu lui faire subir. Comme tout être fou et obsédé, ils n'avaient pas forcément tort. Mais ils ne pouvaient pas être plus loin de la vérité.
La tempête avait frappé tout le monde. Toute personne utilisant l'électricité comme ressource première, pour manger, pour s'éclairer, pour survivre. Les gens étaient paniqués. Et il y avait franchement de quoi. Tout ce qui volait à ce moment là est venu embrasser la Terre avec un peu trop de vélocité. Plus rien ne marchait, même pas l'éloquence des politiques. Chaque région était refermée sur elle-même, n'ayant aucun moyen pour communiquer avec les villes trop lointaines. Au début, les magasins ont été pillés, les gens se sont vengé sur tout ce qu'ils pouvaient. Mais cela ne dure jamais bien longtemps. La colère a très vite laissé place à la peine.

Sarah était toujours là, voyageant de quartier en quartier, avec sa bougie dans la main. Cela avait attiré l'attention. Certains habitants avaient commencé à lui demander où elle avait trouvé cette ressource rare. Elle avait expliqué qu'elle recyclait autant de cire que possible. Qu'elle avait pratiquement autant de bougies qu'elle voulait, tant qu'elle trouvait de quoi faire des mèches. Des douzaines de personnes se regroupaient autour de ses petites flammes. Ils discutaient, ils cherchaient des solutions. Sarah était devenue une espèce de mini prêtre, ou du moins ce qui s'en rapprochait le plus. Elle n'avait jamais eu autant de pouvoir sur les gens. Personne n'en avait jamais eu autant. Elle avait appris aux gens comment survivre face à tout ce qui les entourait. C'était nouveau pour eux. Après plusieurs semaines, l'évidence était là : même en faisant des efforts, il n'était plus possible pour autant de gens de vivre au même endroit. Des centaines de personnes se sont dispersés de tous côtés. A la recherche de nourriture, d'abris, et surtout d'espoir. Sarah resta à Basin City, avec les quelques bougies qui lui restaient. Elle avait appris à troquer ses ressources contre de la nourriture et des outils. En soi, elle n'avait jamais été aussi riche.
C'était étonnant, autant pour elle que pour les autres, que personne n'avait jamais réellement cherché à lui voler quoi que ce soit. Peut-être était-ce son côté mystique, comme si elle avait été préparée pour cela toute sa vie. Ou juste parce que les gens cherchaient à faire des bonnes actions, quelque chose qui leur rappelait qu'ils étaient humains, au fond. Bien plus humains que lorsque la ville était illuminée de milles feux.

Sarah ne pensait pas cela possible, mais la vie était vraiment plus dure maintenant. Des milliers de personnes mourraient chaque jour sur Terre, mais elle survivait. Parce qu'elle avait besoin de moins de nourriture, mais aussi parce qu'elle savait se débrouiller. Elle vivait en harmonie avec les derniers habitants de Basin City. Ce n'était pas le genre d'équilibre qu'on pouvait décemment désirer, mais c'était ce qui avait de plus désirable dans les alentours. Le problème avec les groupuscules sociaux, c'est que dès que quelque chose change, ça stresse tout le monde. Et toute chose change fréquemment.
C'est pourquoi, quand on avait retrouvé Sarah avec son couteau dans le foie, tout le monde avait déserté la ville. Personne ne savait si c'était le fait d'un voyageur ou d'un habitant, mais il valait mieux assurer le coup et plier bagages. Son stock de bougies avait disparu. Sarah était morte le sourire aux lèvres, avec l'éclat d'une de ses bougies au coin de l’œil. Elle n'était pas adaptée à cette vie, comme elle n'était pas adaptée à la précédente.

Rien n'est jamais certain. Vous pourriez être l'humain le plus puissant ce lundi et être le dernier des déchets le vendredi suivant. C'est comme cela que marchent les sociétés humaines. Vous pouvez être né dans la richesse, vous pouvez pousser votre chance jusqu'à tomber sur une situation privilégiée, vous pouvez rester au bas de l'échelle toute votre vie. A la fin de la journée, vous pourrez tout aussi bien vous faire planter avec un bout de métal aiguisé. Vous mangerez de la poussière de la même façon. Profitez de ce que vous avez, et évitez de cracher sur des gens qui vous paraissent inférieurs, ils pourraient bien marcher sur vos cendres un jour ou l'autre. Pas par manque de respect, juste parce que c'est le monde dans lequel on vit. Vous n'avez jamais vraiment de prise sur quoi que ce soit. Il faut se réjouir cependant : dans le pire des cas, vous aiderez à la fertilisation du sol, vous aurez au moins servi à quelque chose.



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MessageSujet: Re: Random Text: Hope Sam 21 Mai - 14:50
J'ai beaucoup aimé le ton désabusé, et la musique d'accompagnement est parfaitement choisie !
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MessageSujet: Re: Random Text: Hope Sam 21 Mai - 15:35
Merki ! <3
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MessageSujet: Re: Random Text: Hope
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Random Text: Hope
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