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"The Diamond Age"
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MessageSujet: "The Diamond Age" Jeu 19 Jan - 5:48


The Diamond Age






"Je voulais sauver le monde..."


Hanne avait 37ans lorsque la Guerre éclata. Un petit homme à moustache courte avait conquis son pays, et il n’y avait rien qu’elle ne pouvait faire. En tant que femme, elle n’a pas vraiment eu le choix. L’armée la recruta, et en fit une infirmière obéissante. Un pas de travers signifiait trahison, et donc exécution. Son fiancé avait été, lui aussi, réquisitionné par l’armée. Elle se sentait obligée de soigner ces soldats et les ramener au combat. Ils étaient autant piégés dans leur situation qu’elle l’était. Certains diront qu’il existait un choix à faire. Certains diront qu’il y avait un camp plus légitime que l’autre. Pour Hanne, il n’y avait que terreur, sur chaque front. Elle fut trimballée d’hôpitaux en hôpitaux, toujours plus près des frontières, au fur et à mesure que la Guerre avançait. C’était une vie très proche de son ancienne : elle répondait aux ordres de son supérieur, elle essayait de faire de son mieux, tout en espérant quelque part qu’elle pourrait avoir un week-end tranquille au coin du feu. La différence, c’est que son chef avait troqué la cravate pour la croix de fer. Plus lâche, et pourtant plus étouffante.
Tout le monde se disait que chacun était enfermé dans une guerre qu’il n’avait pas commencée. Qui était responsable, alors ? Les soldats continuaient de se battre, les politiques continuaient de gouverner le pays, Hanne continuait de soigner ses compatriotes. De nombreuses rumeurs circulaient, ici et là, dans les différents campements médicaux. Des résistants cherchaient à renverser le pouvoir. Ce n’était cependant pas comme si tout allait changer du jour au lendemain. Les "traîtres" étaient chassés comme des animaux, et la cause semblait sans fin. Fallait-il essayer de renverser le pouvoir avec quelques petits pourcents de réussite, ou continuer à soigner des hommes qui en avaient besoin, 100 % du temps ? Hanne Merke, 39ans, avait finalement fait son choix, après deux longues années de guerre.
Hanne passa plusieurs mois à faire passer quelques mots discrets, ici et là. Elle ne savait pas vraiment ce qui avait d’écrit sur ces missives, et on lui avait vite fait comprendre que moins elle en savait, mieux elle se porterait. Ce n’était pas grand-chose. Pas assez, diront certains. Mais c’était tout ce qu’elle pouvait faire, de son poste. Il n’y a pas de petit geste, quand chaque œil qui vous aperçevait pouvait signer votre arrêt de mort. Il n’y avait pas de bons choix, ou de mauvais choix, le climat ambiant était juste toxique, dangereux, traitre.
Hanne ne le saurait jamais, mais elle avait sauvé plus de vies en faisant passer ces mots qu’en soignant de pauvres soldats qui n’avaient rien demandé. L’un d’eux n’avait pas émis la moindre reconnaissance. Un soir, alors que les ombres semblaient pouvoir camoufler toute rencontre illégale, un soldat blessé entendu un brin de conversation qui ne faisait pas vibrer sa corde patriotique. Hanne fut arrêtée le lendemain, puis mise en examen durant de longs jours. Elle n’avait pas lâché mot concernant ses complices, bien que quelques uns furent arrêtés pour simple soupçon. Ils furent tous envoyés au Camp Kaufering. Elle ne soigna plus jamais de soldats blessés.

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Ernst avait 12ans lorsque la Guerre éclata. Il avait passé toute sa vie dans un orphelinat, ses parents l’ayant abandonné à sa naissance. Bien qu’il connaissait leurs noms, il n’avait jamais trouvé d’intérêt à essayer de les joindre : ils savaient où il était. C’était là une philosophie de vie qu’il avait très tôt adopté. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’il apprit l’existence des guerres. Certaines personnes se tuaient à cause d’un simple désaccord. On lui avait appris en cours que tout cela, c’était pour le bien du pays. Si on ne défend pas sa patrie, c’est une culture et un héritage qui seront réduits à néant. Lorsqu’il avait demandé si la paix ne serait pas plus bénéfique, si une cohabitation ne créerait pas une culture plus mixte, et donc plus approfondie, on l’avait amené voir le principal. Ce n’était pas normal pour un enfant si jeune de réfléchir à ce genre de choses. Il devait apprendre ce qu’on lui divulguait de la vie, et c’est tout.
Lorsqu’on demanda à Ernst Andler pourquoi il favorisait tant la paix, il avait répondu qu’il voulait sauver le monde. On lui répondit qu’il n’était pas possible d’améliorer un pays en sauvant le monde, mais bien en le combattant. Ernst ne comprenait pas. Il avait passé des années à étudier l’Histoire de  la Terre, et s’il y avait des événements qui paraissent redondants dans leur futilité, c’était bien les guerres. Le gros poisson pouvait manger le petit, mais les rôles avaient tendance à s’interchanger sans vraiment se soucier des Hommes ou de leurs actions. Ernst ne se sentait pas bien dans cette école, alors que la Guerre était présente aux portes du pays. Il se disputa avec un professeur peu de temps après un énième entretien avec le principal. "Je sais pas ce qu’on fait. Je sais pas ce qu’on a fait. Mais il y a de plus en plus de morts, alors je pense qu’on devrait arrêter." C’était des mots simples. Mais lourds de sens pour des adultes sûrs d’eux et des décisions du souverain.
Ernst fut jeté à la rue. C’était le sort qui attendait les déviants, les marginaux, les gens qui n’aimaient pas les guerres. Il passa son adolescence à brosser des chaussures, nettoyer des carreaux, distribuer des journaux, obéir à des cols blancs cravatés. A la majorité, il fut surpris lorsqu’il apprit d’un policier qu’il était recherché pour vol à l’étalage, et soupçons de traîtrise. Les pommes et les idées nouvelles pouvaient lui coûter beaucoup plus chères que prévu. Il évita la justice. En s’échappant de son pays, qui avait connu la guerre il y a peu, et qui était en complète reconstruction. Il ne l’avait pas vue passer. Quelques articles de journaux, quelques ragots près de l’épicier. C’est dur de suivre l’avancement d’une guerre lorsque la faim ronge votre volonté d’avancer.
Durant sa période à mille travaux différents, il s’était trouvé une passion pour les beaux habits, tout particulièrement ceux des femmes. Il ne savait pas pourquoi, mais les robes longues de plusieurs mètres le fascinaient. Il adorait les porter, par dessus tout, après que les magasins soient fermés. Il avait rencontré un garçon, lui aussi sans abris et terriblement affamé. Ils quittèrent le pays pour la contrée voisine, qui risquait de leur promettre de biens beaux futurs. Ernst commença à porter des robes en dehors de ses nuits solitaires. Sa mince stature et son visage fin lui permettaient de se faire passer pour une adolescente sans aucun problème. Il y prit goût. Il devint une femme à part entière, puis vola le prénom de sa mère, Hanne.

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MessageSujet: Re: "The Diamond Age" Mer 8 Mar - 22:15
Très touchant, je me suis un peu reconnue en Ernst Crying or Very sad
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