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The Final Blow
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MessageSujet: The Final Blow Lun 15 Mai - 16:46


















The Final Blow



Raphaël de Sigg était le plus jeune chevalier que la terre de Drack avait pu connaître. Son père avait été tué devant ses yeux pendant son enfance alors qu'il tentait de sauver sa famille de quelques brigands furibonds. Après avoir décapité plus de la moitié des voleurs et fait fuir le reste de la bande, il s'était découvert une blessure profonde au flan droit. Raphaël avait veillé devant la maison, épée au poing, jusqu'à ce que son père se rétablisse. Malheureusement, malgré ses soins d'enfant, son père ne faisait qu'empourprer les draps. Depuis, il n'avait pas quitté cette épée, celle de son père, tué par de vulgaires hommes. Il n'avait aucune honte dans le fait que son géniteur était mort comme un simple paysan. Il l'était. Malgré son titre de noblesse, sa famille avait toujours travaillé la terre. Elle possédait des richesses, mais elle aimait la vie de simplicité. La simplicité, Raphaël ne la choisit pas. A la mort de son père, il avait dû subvenir à ses besoins, seul, avec l'argent qu'il lui avait été laissé. Ce n'était pas rien, mais ce n'était pas une fortune. Son père avait caché son argent à un endroit inconnu du garçon. A douze ans, il continuait de travailler au champ, il revendait la nourriture au marché, sans que personne ne sache que son père avait péri. Leur maison était isolée, au sommet d'une colline surplombant le petit village. Si les villageois avaient appris la nouvelle, Raphaël aurait sûrement été accueilli dans une nouvelle famille, lui, et son argent. Sa mère était morte à sa naissance, ne supportant pas l'accouchement. Le garçon s'était entraîné tous les jours, avec force et rage.  Avec l'argent qu'il possédait, il avait acheté une autre épée, un objet sans valeur sentimentale, avec lequel il tranchait tout animal ou plante avec des techniques d'escrime qui sortaient tout droit de son imagination.
Lavé de toute vengeance inutile, il avait été accueilli par la guilde des chevaliers de la région, l'Ordre de la Flamme Écarlate. Il n'était qu'un jeune chevalier sans expérience, mais au cœur pur. Pendant des années, il avait canalisé son énergie dans l'entraînement à l'épée, ne pensant qu'à cela, pour oublier son passé, et proposer un futur radieux aux gens qui l'entouraient. Depuis peu, il y avait un autre problème qui parasitait son esprit : la jeune princesse de la ville d'à côté avait l'âge pour être mariée. Il n'avait sans doute aucune chance, mais il espérait secrètement qu'il puisse l’impressionner lors des joutes du Festival de Printemps. Se marier signifiait une meilleure situation, financière comme sociale. Il était pourtant toujours ce chevalier sans expérience réelle. Lorsqu'il était parti s'inscrire pour les joutes, on lui avait répondu que c'était dangereux, surtout pour un jeune homme. Il leur fallait une preuve de courage pour pouvoir combattre. Évidemment, ils le préféraient mort dans une caverne, seul, que durant les joutes organisées par le Conte.
Il ne trouva malheureusement aucun travail suffisamment prestigieux dans la région pour pouvoir prétendre à une place dans les batailles printanières. Il décida de voyager, trois jours et trois nuits, à l’ouest, qui était réputé pour faire appel à de nombreux mercenaires chaque nouvelle année. Un tempête éclata lors de la troisième nuit de voyage. Une pluie si épaisse qu’elle semblait peser sur son cheval et faire doubler le poids de ses vêtements. Il finit par trouver une auberge dans la ville de Tehrang, "Le Dodo Dodu", qui ressemblait davantage à une épave qu’à un bâtiment hôtelier. Il y échangea quelques pièces contre une clef rouillée et s’assit à une chaise posée près du bar. Il dégoulinait sur le sol poussiéreux. Un homme s’approcha de lui.

"Sacrée tempête !"
"J’ai vu pire."
Cette simple remarque, qui se voulait succincte afin de faire fuir l’individu, sembla, au contraire, piquer son intérêt.
"Vraiment ? Elles sont plutôt rares dans la région, pourtant."
Raphaël sirota un peu du liquide qui s’était retrouvé dans son verre suite à un mouvement de tête réalisé en direction de l’homme derrière le bar.
"C’est ça le truc. J’suis pas du coin."
L’homme sourit, puis s’assit près de Raphaël.
"Et vous ne rechercheriez pas du travail, par hasard ?"


L’homme lui parla d'un dragon qui terrorisait les villageois de Natrang. Sa tête était mise à prix pour une somme prodigieuse, mais ce n’était pas cela qui motivait le jeune chevalier. S'il rapportait la dent de dragon au responsable des joutes, il aurait le droit de combattre avec les autres chevaliers. C’était certain. N'importe qui aurait triché, n'importe qui aurait été acheter une dent de dragon à un commerçant du marché noir. Mais Raphaël n'y avait pas pensé une seule minute. Il avait pris ses deux épées, quelques vivres, et était parti pour Natrang. Le chef de l'Ordre de la Flamme Écarlate lui avait donné une chevalière pourpre, celle que portaient tous les chevaliers de la guilde, pour qu'on les reconnaisse. Grâce à elle, il avait pu interroger quelques villageois et autres notables dans les environs. On lui avait dit que le dragon avait élu domicile dans l’Église du village de Natrang, tout au Nord. C'est pourquoi, il se retrouva là, caché derrière un banc, à fixer le dragon qui dormait là où un autel reposait à une autre époque. L’animal avait défoncé la moitié de l’Église, pour pouvoir se reposer dans son nid gigantesque. Raphaël de Sigg n'avait pas vraiment de plan, excepté si foncer tête baissée était une stratégie viable. Il sentait l'ubiquité du dragon dans cette Église. Il ne pensait pas à l'humanité, aux villageois de Natrang ou même à la gloire. Il ne pensait qu'à la princesse. Il  combattait pour elle, pour ses yeux, ses cheveux, son odeur de rosée. Non pas qu'il su que sa peau dégageait telle ou telle fragrance, il l'imaginait juste depuis qu'il l'avait croisée au dernier Festival. Il aurait voulu avoir des pouvoirs de sorcière pour terrasser cette énorme bête.

Raphaël finit par se lever et s'approcha doucement du dragon, espérant qu'il ne se réveille pas avant d'avoir un reçu coup d'épée dans le crâne. Seulement, marcher en silence avec une armure entière, deux épées et tout l'équipement qu'il possédait, était quasiment impossible. Il avait donc laissé son barda et l'épée de son père à l'entrée du bâtiment. Il se sentait nu comme un ver avec uniquement son armure et son épée sur lui. Il sentait la solitude l'envahir lorsque son armure cogna dans un banc et produisit un énorme boucan. Le dragon ouvrit les yeux, le vit, et se releva en gueulant de toute sa puissance.
"Je sens que ça va gâcher ma journée..."
Raphaël n'aurait pu prédire ce qui suivit. Le dragon se retourna rapidement et lui asséna un coup de queue au thorax. Ce coup le projeta à l'autre bout de l’Église, brisant tous les bancs en deux sur son passage. Finalement, garder son armure avait été une bonne idée. Lorsqu'il heurta la porte du lieu saint, il se sentit presque soulagé. Son vol plané avait enfin fini. Certes, il avait sûrement une côte brisée, au minimum, et il avait mal à chaque parcelle de son corps, mais il était en vie. Allongé au sol suite à l'impact contre la porte, il appuya son poing à terre et se releva. Petit détail, il avait perdu son épée pendant son voyage. Hors de question d'user l'arme de son père. Il prit l'épée en pierre qui était déposée sur la statue d'ange à ses côtés. Elle paraissait relativement solide et il pouvait la porter, bien qu'elle fît quatre fois la taille de son épée habituelle.
"Écoute, Dragon. Il est neuf heures du matin, je suis pas non plus très frais lorsqu'on me réveille de force à cette heure-là, mais le voyage à vitesse rapide n'était pas nécessaire ! Merci ! Alors maintenant, on se calme, et on se laisse tuer tout gentiment."
En guise de réponse, il n'eut qu'un cri ampli de souffre. N'écoutant que son courage et l'adrénaline qui remplissait ses veines, il se mit à courir vers la bête. Il trancha le flan de l'animal d'un seul coup de flamberge, qui tomba en morceaux suite à l’impact de la pierre sur les écailles de la bête. Le dragon tomba de tout son poids sur les pavés de la ville. Le chevalier approcha du corps afin d’asséner le coup de grâce avec la demi épée qu’il brandissait fièrement. Cela n'avait pas été si compliqué. Le dragon avait une très mauvaise garde, il avait offert son flan, comme si...
Raphaël n’eut pas le temps de finir sa réflexion qu'il crachait une gerbe de sang sur son armure immaculée. Trois des griffes du reptile se trouvaient maintenant dans son abdomen.
"Les humains... toujours aussi fiers, aussi sûrs d'eux. Dès que la victoire se présente, vous oubliez vos années d'expérience."
Le dragon retira sa patte du ventre de l'humain, et ramena avec elle quelques morceaux de chairs diverses. L'armure n'avait pas tenu une seconde. C'est cette fois-ci au tour du corps du chevalier de tomber au sol, et de colorer les pavés d'un liquide écarlate.
"Il parait que votre honneur de bretteur vous demande de mourir dans un duel à l'épée..."
L’énorme bête prit l'arme du père avec sa queue et la lui planta en plein dans le cœur, le harponnant alors au sol de manière permanente.
"Votre honneur est sauf."

Le fracas occasionné par la micro bataille attira quelques yeux avisés, dont ceux du roi local, qui s’approcha doucement de la bête et du corps au sol.
"Eh bien, un nouveau cadavre à ajouter à la pile..."
"Cela ne me fait aucunement plaisir, Roi. Il est temps d'agir."
"Il est vrai..."
"Que le Duc souhaite acquérir vos terres est une chose, qu'il envoie constamment des mercenaires pour tuer votre vaillant protecteur en est une autre. Je suis votre seule défense contre lui, ne soyons pas hypocrites."
Le reptile se gratta nonchalamment le flan qui avait subi l’attaque, faisant alors tomber quelques écailles au sol. S’il n’y avait aucune plaie, et que de nombreuses écailles flambant neuves attendaient déjà leur tour pour grandir, il ne put s’empêcher de constater les talents de sa dernière victime. Les précédents brigands n’avaient pas pu érafler un seul millimètre de son armure… Il regretta de ne pas avoir essayé de raisonner cet homme, même s’il avait déjà essayé auparavant, plus d’une centaine de fois, avec d’autres bougres bien moins puissants.
"Je vous rappelle qu'il possède plusieurs wyverns et..."
Deux grands courants d'air sortirent des narines de la bête.
"Rien qui ne soit ingérable. Si les attaques sournoises devaient continuer ainsi, votre ‘protecteur’ pourrait bien plier bagages, ou même revoir son accord si 'juteux'." Il était fatigué de devoir protéger une ville et des villageois qui ne souhaitaient pas se battre pour survivre. Si les mercenaires devenaient réellement de plus en plus talentueux, la meilleure défense restait encore une fois, l’attaque.
Les yeux du Roi s'ouvrirent en grand en réponse à ces menaces, puis se refermèrent complètement. Il n’y avait pas eu de guerre depuis des générations, les dragons étaient aujourd’hui des bêtes dociles qui ne terrorisaient plus les villages, mais les gardaient davantage en sécurité. Cette sûreté avait ses coûts, bien évidemment, mais si le Duc arrivait à ses fins, il ne pourrait aucunement défendre son peuple par ses propres moyens.
"James."
"Sir ?"
"Prévenez le Général. Nous sommes en guerre."

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MessageSujet: Heart of a hero. Lun 15 Mai - 21:40
Et bien !

La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que c'est la première fois que je te lis en ce type de lignes. On voit dans ta narration que tu es beaucoup plus descriptif et prosaïque que du type "fantasy", ou combat "punchy".
Mais, ça reste très agréable à lire, c'est captivant, et on en vient au bout très vite. Un peu trop vite (j'en veux pluuuuuus xD).

Le défi "nouvelle" est remporté pour ma part. A la fin de tes lignes, on se met à imaginer la suite de l'histoire, on se surprend à relire quelques passages, à ré-apprécier l'opus et à chercher le lien avec le thème.

J'aime le fait (c'est mon interprétation) que le héros dont parle ta nouvelle n'a rien de défini.
Spoiler:
 
Est-ce ce que tu as voulu ? Si oui, défi "thème", mon chéri. <3

Sinon, comme toujours, j'adore te lire et espère pouvoir apprécier une de tes oeuvres étendues un jour.

Ton admirateur absolument pas secret. <3
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MessageSujet: Re: The Final Blow Lun 15 Mai - 23:35
C'est pas un genre que je lis abondamment, et encore moins que j'exerce à l'écriture, c'est sûr Razz. En fait c'est assez lu assez vite, parce qu'à la base c'est davantage un projet roman qu'un projet nouvelle x). Ce qui explique aussi ton avis sur "qui est le héros".

Spoiler:
 

<3
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MessageSujet: Re: The Final Blow Ven 23 Juin - 19:34
Hey ton texte aussi ressemble à une introduction à un récit plus long ! Very Happy On retrouve l'esprit un peu ironique que j'aime tant dans tes textes, avec des retournements de situation, et ce côté "il ne faut pas se fier aux apparences" <3

Etrangement, ça m'a fait penser à cette chanson :



Les paroles :

Infants like phantoms, denied and suspected,
Their existence discovered always when least expected.
Prepared for the day, the knight, he just cannot keep
The perfect mask in its place, when he is falling asleep.
Faces slacken in slumber, each rigid muscle relaxes,
Without warning the hidden child comes to the surface.
From the deepest darkness, some unnameable place,
Of the tower inverted, froms a different face;
Climbing upwards with effort, to see through the eyes...-
Windows to the soul -now shut- are starring inside.
And while the outside beholder sees the face of a child,
This fearful and helpless infant turns to a wild beast inside:
Becomes the architect of the most terrible dreams
And puts a cruel fears of death into our hero's sleep...

This child is a dragon, who you must strive to kill,
Though it defeated you once... and, yes, it always will!
Oh, little velveteen knight (and heroes of all kinds),
Endeavour to slay the dragon...
(... And yourselves when you try)!
Yes, this monster's immortal... and your fight is in vain,
It only will last forever, some monsters just cannot be slain.
This infant's a beast..., and the dragon's its guardian,
Protecting his child, so that no one can harm it,
Their most gruesome shape puts the fear of death into
Our supposed (but velveteen) hero;
Yet, you must get me right: there is no choice for the child,
Its intentions are good and always upright.
Tell me, why do you frown?
Do you bear questions... or doubt?
Have you not recognised that the dragon and the child,
Are in fact more than kin... -they represent the same thing!
And all our characters that you will see or seem
Are merely part of the dreamer... and therefore the dream.
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MessageSujet: Re: The Final Blow Ven 23 Juin - 20:05
Eheh c'en est un peu une ouais ! Razz J'suis le Night Shyamalan de l'écriture, que veux-tu.

J'avoue qu'on peut tourner les paroles dans un sens commun avec le texte. Bien que le sien soit beaucoup mieux réfléchi x).
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MessageSujet: Re: The Final Blow
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